La seconde table ronde de la matinée portait sur la thématique « se former, comment garantir des parcours de réussite aux jeunes ?

L’orientation, l’évolution des parcours individuels, la lutte contre le décrochage scolaire, la prévention des violences, autant de pistes de réflexion évoquées par les intervenants, avec une question centrale : quel doit être le rôle de l’Etat dans ce parcours des élèves ?


photo snesPour Guy Tresallet, secrétaire général de la FSU 93, dans un contexte où les collectivités locales s’impatientent et ne veulent pas être considérées comme de simples financeurs, la FSU reste attachée au modèle de l’école républicaine – qui marche bien – dans lequel il faut mettre des moyens. L’école reproduit les inégalités, déclare-t-il, mais on fait reposer la responsabilité de l’échec sur les seuls jeunes et leurs familles. Il ne faudrait pas croire qu’il suffit d’un accompagnement hors temps scolaire pour que les élèves réussissent. « Le gouvernement a une véritable vision de l’école, qui n’est pas la nôtre » lisible, par exemple, dans le débat sur maternelles et jardins d’enfants, le transfert des TOS, la lutte contre le décrochage scolaire pour laquelle on fait appel aux collectivités. La Seine-Saint-Denis est confrontée à des difficultés financières qui ont conduit à une baisse des budgets des collèges et à une augmentation des partenariats publics privés, notamment pour la construction de nouveaux bâtiments, qui pourraient conduire à des évolutions regrettables.
La réussite des élèves est-elle une reproduction sociale avec un minimum de bases à donner aux classes les plus défavorisées ou une culture commune de haut niveau pour tous ? Si on est d’accord sur le postulat que les élèves sont tous capables, alors on doit pouvoir avancer.
La Fsu 93 s’inquiète enfin sur la part de l’éducation dans les programmes des élections présidentielles, qui donnent une image d’une école duale autour d’un socle commun. Elle craint aussi un acte III de la décentralisation qui rajouterait encore davantage de concurrence et d’autonomie pour les établissements.
 
Le moment est venu pour la salle, qui l’attendait impatiemment et parfois bruyamment, de poser ses questions.
photo guyLe secrétaire départemental du Snes s’inquiète des dispositifs montés grâce aux partenariats publics-privés (cela signifie-t-il par exemple que les bâtiments des collèges changeraient de propriétaires), remplissant des missions qui devraient revenir à l’Etat, et de la baisse des budgets pédagogiques. Les collègues des CA refusent de plus en plus souvent de voter le budget proposé et les établissements seront placés sous tutelle. Il y a aussi de quoi s’inquiéter pour les activités sportives, les financements des déplacements étant très restreints. « Nous souhaitons que la transmission des avoirs se fasse dans les meilleures conditions ».